Ce post est un peu un addenda à celui qui s'appelait "Boulettes de Viande" dans la cuisine - il s'agit, ici aussi, d'un petit zapping sur mon taf - c'est à dire ce avec quoi je peux mettre à manger sur la table au début du mois (après déduction des nombreuses charges / crédits / dettes...) Donc ce mois-ci, après avoir bossé pendant 3 semaines sur le film de cannibales dont je vous parlais plus tôt, voici celui qui va me faire bouffer :
Le monsieur s'appelle DENNIS LYNN RADER...
Entre 1973 et 2005, il a été plus connu sous le nom de "BTK" - une contraction de "Bind, Torture & Kill" - son "nom de cape", on va dire. Parce que Monsieur Rader était un psychopathe - un sérial villain - un vrai. D'ailleurs il l'est toujours aujourd'hui, mais en prison. Il a été jugé et condamné à quelque chose comme 400 ans de réclusion par une cour du Kansas. Ca vaut largement Dutroux, Fourniret, Guy George, Francis Heaulme et Emile Louis...
Mais je ne vais pas rentrer dans les détails. Vous avez une bio assez complète du cas là :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dennis_Rader
Si l'histoire vous passionne, vous avez aussi un site super documenté là:
http://www.freewebs.com/thebtksite/
Et si ça ne vous suffit pas, il y a aussi la chaine Youtube entièrement consacrée à Dennis, là:
http://www.youtube.com/user/thebtksite
***
Il se trouve que depuis peu, je suis en train de bosser sur un film de 2008 qui retrace de manière assez réaliste le parcours sanglant de l'ami Rader. Et pour bien amplifier le glauque de l'affaire, signalons que Dennis est, dans ce film, incarné par le fameux KANE HODDER - que voici
Et que vous connaissez certainement déjà, notamment pour son interprétation de
Là, vous pourrez trouver une chouette galerie de photos du film : http://www.feifer.com/btkpics.html
Il s'agit là du site de l'artiste réalisateur cinématographique qui a dirigé ce film, non sans s'être d'abord penché filmiquement sur le cas de Ed Gein, le Boucher de Plainfield, et Richard Speck, le Massacreur de Chicago... Bref, monsieur Feifer (puisque c'est son nom) est, tout come son ami acteur Kane "Jason" Hodder et son pote producteur Jeff Barholtz, un peu spécialisé dans le reyclage rapide (pour BTK, la condamnation date de 2005) des tueurs en série de son beau pays.
Putain, qu'est-ce que Jan Kounen attend pour nous faire son épopée d'Eugène Fourniret ? Et pourquoi Gaspard Noé nous le fait pas, son "Marc Dutroux", avec un plan fixe de 20 minutes sur la sodomie d'un enfant dans une cave ?
C'est vrai quoi. C'est une tradition, de recycler ce qui saigne. Il faut la respecter.
Combien de temps Hollywood a-t-il attendu pour recycler le WTC 9/11 ?
Franchement, dans ce pays, les producteurs n'ont pas de couilles. Et les Belges font à peine mieux.
Bon. Je veux pas donner l'impression d'être polémique, mais quand j'ai commencé à bosser sur ce film, je me suis dit "Ziva - c'est parti pour le plan glauque". Le mec est père de famille - marié, 2 filles, à Park City, près de Wichita, Kansas. Il est mono chez les Boy Scouts, président de l'asso de son église, et surtout il est Responsable de la Sécurité pour le compte de la municipalité - c'est à dire que c'est une sorte de faux flic qui rode en uniforme, à longueur de journée, au volant de son van, pour ramasser les chiens errants et faire chier les gens sur la hauteur non-règlementaire de leur pelouse... Bref, c'est un prototype un peu caricatural de sale con FAF - mais apparemment tout est raccord avec le personnage réel.
Et donc dans son temps libre, Monsieur Dennis Rader, brillament incarné par l'ami Kane Hodder (quelle justesse dans l'expression du vice et de la folie) aime bien s'enfermer dans l'atelier du garage pour dessiner des filles attachées, écrire des poèmes qui parlent de mort... et quand ça le titille trop, il va voir des putes, ou des voisines, ou il ramasse des adolescentes dans la rue, ou il déboule dans la maison d'une famille... et il tue. Il étrangle, il étouffe dans un sac en plastique, il castagne à mort, il tue par balles, il brise les cervicales, il plante une pelle dans le ventre d'une gamine, etc...
Une heure et demie de pur spectacle. Mad Movies dirait : "Jouissif!", j'imagine, comme pour "Saw" et "Hostel".
Bien sûr, comme je l'ai déjà écrit sur ma bande de détection en ouverture du film:
"L'histoire qui suit est une fiction... Inspirée par un personnage réel".
Ce qui rend quand même les choses bien plus sexy, non ?
Je veux dire, quitte à se faire peur... Autant que ce soit avec le pire, non ?
Autant que ce soit avec le vrai.
Rien de plus bandant que le vrai, non ?
(à suivre...)

l'etoffe des bobos
ahem (houa ça résonne)
vu que la fibre arty a parallèlement pris le pouvoir en ces lieux et qu'on attend toujours la venue du grand exorciste, vu que bon, niveau taf c'est calme et je consacre un peu de mon temps à un truc nommé "veille technologique", je mets ici deux portfolios rapport avec les killers.
le premier, c'est Joshua Hoffine qui aime mettre en scène les cauchemars des petits nenfants. Extrait ci dessous.
http://joshuahoffine.com/splash.html
Ca ne vous rappelle pas quelqu'un ?
L'autre s'appelle Melanie Pullen et baptise modestement sa série du nom d'High Fashion Crimes Scenes :
http://www.melaniepullen.com/
j'aurais bien aimé en dire beaucoup de mal, parce que sa charte exige que les victimes soient vêtues haute couture avant d'être taillées en pièces, et que j'avais déjà râlé en matant la vidéo hyper clinique et sophistiquée d'Aisha beuglée par le sale Iggy Pop pour Death in Vegas, seulement voilà : les photos ici sont belles et contiennent une noirceur çà et là.
en m'arrêtant
Est-ce que c'est plus sexy lorsque c'est vrai ? Je sais pas. Peut-être que le fond de la question n'est pas dans la validation par l'authenticité, mais par le fait que l'authenticité simplifie la conception de l'abominable et permet une distance avec elle. Du moins, lorsqu'on occupe une position où l'abominable est le sujet d'un regard, d'un travail, d'un film. Parce que construire une histoire avec les bouts d'horreur de quelqu'un d'autre et y consacrer un parcours, c'est renoncer au potentiel en tout cas visionnaire, narratif, de sa propre perversité, et rediriger l'étendue morale vers le coupable et lui seul. La fascination d'un extrême en autrui par refus de son émergence en soi.
Je suggère...
... que nous prolongions cette conversation en bas du post.
juste en passssant
ça n'a strictement aucun rapport avec le sujet, mais ça le sera sans doute prochainement vu qu'un post serial-killer (italique) ici (gras) ne peut pas (souligné) rencontrer l'indifférence des résidents, mais à ce propos les gars, faudrait songer à décrocher un peu de Facebook et remettre les pieds au bercail. Dites, si c'est l'envoi des mojitos qui vous attendrit la viande, pas de problème, je m'occupe du bar et on causera de Jeffrey Dahmer en portant un toast.
Random video generator
Log on ..........ok
Starting unknown video :
Starting analysis .............................................................. error
Starting analysis .............................................. Match !
Downloading original video ....................... ok
Start !
gueule de bois powa
Offrir un bon shoot de the prodigy, c'est toujours bienvenu.
En revanche, nous immiscer dans le crâne un refrain qui dit "j'ai la rondelle qui colle" en boucle, ça c'est franchement vicieux.
Serial killer et tueurs occasionnels
A signaler au passage bien qu'il ne s'agisse pas de serial killers un livre remarquable : De sang froid de Truman Capote.
Une sorte de plongée dans la tête de deux tueurs. La différence avec les serial killers étant que eux avaient un mobile (mobile sexuel pour le premier et le deuxième suivait le premier).
Il existe un grand spécialiste des serial killers en France qui s'appelle Bourgoin, mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y intéresser.
happy few
hé oui, comme le dit Malevil, ça fait putain de plaisir de vous voir ici, d'autant que toi Remi Bug, la dernière fois qu'on faisait tous de grands gestes en parlant de je ne sais plus quoi dans la cuisine, mais il se peut qu'il s'agisse du salon, eh bien nous portions tous encore des pull-over et de grosses chaussettes. Pour dire que tout ça représente une bonne épaisseur de calendrier à remonter, et que là, quelques saisons plus loin, il y a comme un face à face chargé de kisses dans l'air.
Et tant pis si on doit se faire épingler par Monsieur de Fursac pour cause de bisounourseries.
Pour le reste, merci de rappeler Truman Capote : il appartient à ceux que je n'ai toujours pas lus et dont je me reproche le retard.
Un Tueur sur la Route de James Ellroy, que je recommande au passage pour l'immersion en caméra subjective. Brillante, froide et pragmatique, efficace pour calmer la fascination "mystique" éprouvée vis-à-vis des serial killers. A propos du mystique, les Racines du Mal de Dantec en parlent très bien.
Hé hé
Oups j'avais pas vu ton post.
Merci merci.
C'est l'avantage de revenir (c'est mon deuxième retour) chaque fois j'ai droit à plein de bisous. Je vais y prendre gout.
Je vois que nous avons quelques références communes (Dantec).
La grande majorité des spécialistes semble être d'accord sur un point, il faut tout un faisceau de circonstances pour "générer" un serial killer (enfance torturée, brimades, avoir été victime d'actes pervers répétés, etc.).
A priori on ne peut devenir serial killer (si on ne l'est pas déjà) qu'avec une bonne atteinte cérébrale (un accident de voiture avec lésions au cerveau, par exemple). Pour le dire vite, cela peut faire perdre le sens de l'altérité et de l'empathie, mais je suppose que cela n'est pas suffisant il faut aussi qu'il y ait le plaisir de tuer.
Je ne suis pas au fait des classifications, mais il me semble qu'il faut distinguer les sérial killers utilitaires de ceux pour lesquels le meurtre se suffit à lui-même.
Marc Dutroux, par exemple est avant tout un pédophile. Il tue pour éviter que les victimes ne puissent le dénoncer. Mais je ne pense pas que le meurtre fasse partie de ses motivations, il tue juste de manière utilitaire (ce qui démontre - si besoin était - une gros manque de reconnaissance de l'autre comme un semblable à soi).
Après je me souviens de deux sérials killers qui volaient leurs victimes, puis les torturaient a mort et/ou leur donnaient la chasse après leur avoir fait visionner les supplices anciennes victimes. Je ne me souviens plus de leurs noms, mais je crois bien que à la base leurs motivations étaient pécuniaires avant de découvrir le plaisir que les exécutions leurs procuraient.
Faudrait quand même que je me documente un peu...
bizarre bizarre
T'as dis "Dantec" et pis t'as dit "Faisceau". Tu m'inquiétes...
C'est un personnage très intéressant le Dantec. Je pense d'ailleurs qu'il a cessé d'être réel pour devenir fictif. Je sais pas si vous avez vu des apparitions TV (TM) mais il est fascinant, dans une optique complètement à contrecourant de la bien pensance ambiante. Est-ce que trop de liberté tue la liberté?
Je suis d'accord avec toi, Rembuggue, y'a le psycho-plaisir et le psycho-panique; & même au début de ces racines du mal c'est un psyco-panique qui pense échapper aux extra-terrestre. Mais les autres sont des psychoplaisirs qui prennent leur pied en te coupant lentement les testicules après t'avoir mis sous amphète & poppers pour que t'en profite un max. Et on les comprends, les petits veinards!
JE VOUS AIME
Putain, ça fait du bien de revoir les copains glabouni repasser par ici... J'avais entendu dire que Torquemada était retourné quelque temps à la maintenance pour cause de duplication du système - heureux de voir qu'il est alive and kicking, qui plus est en grande forme vu la qualité des images qu'il nous présente - j'en ai encore la rondelle qui colle - tellement que je crois que je vais mettre ce clip dans la galerie du chiottes.
Quant à l'ami Rémi, c'est un plaisir de te revoir, parce que figure-toi qu'en ce moment, je suis en train de faire une sorte de déprime à cause de tous ces films de serial killers, de meurtre et de torture - une phase "et la tendresse bordel" koa. Ce serait bien qu'on puisse en discuter - d'autant que tu es spécialiste des boyaux de la tête. WELCOME BACK, FRIENDS.
Paroles
Merci pour le wilkomen. Ca n'a rien a voir avec les Serial Killers mais voici les paroles du live de The Legendary Pink Dots que tu as déniché.
Premonition 16
You rolled your tongue, you spat... I flew... A hole in one ! Despatched me in the kitchen sink; I sank confused and bruised and thinking about our honeymoon of nights beneath the moon together. Crosslegged, floating down the river. We didn't need a boat-us angels aren't afraid of water, are we?Are we?? I am, now I'm lying flat with alligators and rats to talk to... licking sweetcorn from my fingers, tea leaves from my eyes;the blood of suicides is dripping on all sides, and I'm wondering if one of them could be you. YOU..... Yes, I wonder if one of them could be you. (She said, "no complications...I've been hurt too many times before and each time, well it gets a little harder - I'll hurt you if you stay for more. (she said....) She said : "it was different last night; You were a tiger on the prowl. You had claws - but they snapped. You don't attract me now. She said, "Don't bother phoning ; I'd slam the receiver right down. Well, I just want to be alone you know these days.....)
Somewhere someone's laughing.
Je ne connais pas très bien les serial killers. Ce que je sais c'est que la grande majorité ne sont pas fous, au sens psychiatrique du terme (a peu près 1 à 5% d'entre eux sont des schizophrènes, mais cette appréciation mériterait d'être discutée).
Une assez bonne approche romanesque (pour ce que j'ai pu en juger) se trouve dans Les racines du mal de Maurice Dantec (faire abstraction de la puanteur de l'auteur).
Une série assez bien foutue aussi passe de temps a autres Criminal Minds.
Elle contient parfois quelques discrètes hérésies clinico-théoriques mais bon, on peut pas trop demander non plus aux américains.
Fascination Avenue
En fait, ami Rémibug, ce ne sont pas les serial killers qui me posent question - je veux dire le pourquoi du comment ils sont devenus serial killers et pourquoi ils ont tué tous ces gens - en fait je m'en tape un peu - déjà il n'y en a pas beaucoup, en tout cas des milliers de fois moins que des Eichmann portatifs, meutriers de base, abrutis, violeurs, conducteurs bourrés, etc... Ils peuvent bien avoir été tripotés par leur père ou battus par leur mère dans la petite enfance, perso ça ne me fait ni chaud ni froid - le monde est un lieu où il se passe plein de choses, des belles et des moins belles, et les histoires d'Oedipe me pètent les couilles.
La question que je me pose, donc, ne concerne pas les serial killers, mais nous. Et quand je dis "nous", j'entends ces générations qui se sont farci avec délectation les "Massacre à la Tronçonneuse" et "Halloween", en passant par "Dragon Rouge", "Le Silence des Agneaux", "Hannibal", "Henry Portrait d'un Serial Killer", sans compter les "Maniac", "Psychose", "Seven", "Roberto Succo", "From Hell", "American Psycho", et finalement "Saw", "Hostel", et le remake de "Massacre à la tronçonneuse" again...
La plupart d'entre nous ne rencontreront jamais de serial killer de leur vie - et d'ailleurs tant mieux - et pourtant on connait tout ça par coeur : les histoires de "modus operandi", de kidnapping et de sévices sexuels - les lettres envoyées à la police avant ou après les meurtres - on a tous entendu parler de John Wayne Gacy et de Ted Bundy superstar - on est tous des "profilers" à la maison - si ce n'est, d'une manière plus inavouée - des serial killers en puissance nous-mêmes.
C'est-y pas mignon tout ça...
Récemment, une vieille amie a repris contact avec moi - une amie que tu as toi aussi très bien connu Rémi, qui étudiait la psycho, et qui est donc psy aujourd'hui... J'ai engagé la conversation avec elle, de manière assez joueuse et polémique - j'attaquais la psychanalyse, l'Oedipe et Freud parce que ce sont des choses qui m'énervent... On a rigolé un moment, et puis j'ai commencé à devenir lourd, et finalement on ne se parle plus... Vers la fin de cette conversation, je lui parlais de mon boulot, et de ce film, "BTK" dont je parle ici plus haut. Je lui disais qu'à mon sens, le public d'un tel film ne pouvait être que malsain, puisque la seule satisfaction qu'il pourra en tirer, c'est de regarder des scènes de meurtres hyper réalistes, basées sur des faits réels, le tout avec une photo de téléfilm un peu pourrie, limite documentaire - parce qu'il n'y a vraiment pas grand chose d'autre dans ce film que les scènes de meurtre - elles en sont tout l'enjeu (et l'intérêt) dramatique... A cela, notre amie (psy) a répondu ceci:
"Perso, je fais partie de la "masse" qui adore les sérials-killers-à-la-télé. J'adore les psychopathes et les sociopathes. J'aime moins les pervers: ils sont moins fun. Pourquoi j'aime cette barbarie ? Parce que je peux y défouler, sans culpabilité, ma violence. Au bout du compte, le méchant est tué ou arrêté. mon vice est donc sans conséquence et la morale est sauve. Et le lendemain, je redeviens l'adorable psychologue altruiste et disponible ! Tu t'interrogeais sur mon économie psychique; le sérial-killer-à-la-télé en fait partie..."
(Mes excuses à notre amie, qui ne sait pas que je me sers de ce texte privé).
Alors bon - la question que je me pose, c'est de savoir si, effectivement, on peut assumer que tous ces films de boucherie (voir le très grand succès des "Saw" notamment) ont un effet cathartique "sain" pour ses spectateurs - s'il s'agit bel et bien d'un défoulement, comme pouvaient l'être les jeux du cirque...
Ou bien alors est-ce que ces films de psychopathe ne seraient pas aussi un vecteur de dissémination des perversions d'un individu isolé, de ses sensations, de ses pulsions et de leurs satisfaction... à la masse. A tout le monde.
Je pense au syndrome du "copycat".
Je pense à tous ces sites, forums, etc. qui sont autant de temples de documentation élevés en l'honneur de Ed Gein, ou de l'étrangleur de Boston, ou du Zodiac Killer, etc...
L'oeuf ou la poule. L'oeuf ou la poule. L'oeuf ou la poule...
Le tueur en série, à mon sens, se satisfait lui-même en tuant.
Mais nous, que satisfaisons-nous, en le regardant faire ?
Gargle...
Je vais tenter de répondre à tes 7 questions comme les 7 mercenaires répondent à la menace : vite parce que je dois me doucher et partir travailler (je suis composé d'eau et je dois gagner ma vie aussi).
1) N'ayant jamais été amateur de films d'horreur (j'en ai visioné un ou deux Réanimator par exemple et ça ne me fait ni chaud ni froid), je ne peux pas trop me mettre à la place d'un amateur. Par contre, je regarde bien volontiers Criminal minds ou faites entrer l'accusé (le Serial Killer gendarme Pierre Chanal a été traité dedans) et j'apprécie beaucoup ; donc je suppose que ça compte même si y'a pas de gros plans (mon coté psy. sans doute...).
2) Une amie psychologue en commun ??? Psychologue clinicienne ? Je me demande bien qui cela peut être. Tu attises ma curiosité, un prénom serait sympathique.
3) Ta thèse du vecteur me paraît éculée (voir 4) : sinon il va falloir qu'on remette ça pour le jeu de rôle, le rock & roll, les jeux vidéos, les films pornographiques (qui sont censés pour les américains inciter au viol), ect. De plus, comme tu es l'auteur de Tourville tu risques d'avoir un sacré nombre de procès en paternité de sérial killers (c'est les familles qui vont être contentes de trouver un deuxième coupable).
(Si un jour je dois me suicider, je laiserai une lettre qui dira "Mon perso. est mort" et ça sera ma dernière blague, faut dire que j'adore Didier Super).
4) Le copycat est une invention cinématographique. Dans la réalité : nib. C'est un peu comme les hallucinations collectives.
5) Faudra un jour qu'on ait une vraie discussion sur la psychanalyse et ses fondements (non, pas aujourd'hui, range ta hache et puis rappelle toi que je ne suis pas lacanien). Que l'on croit ou pas au complexe d'oedipe m'apparaît secondaire dans le cas de la genèse des serial killers : un enfant est torturé, abusé et agi dans des mises en scènes perverses ou violentes. A la limite qu'il s'agisse de son père ou de sa mère est - a mon avis - secondaire.
6) (et reprise du 1) L'analyse de notre amie commune (mais qui est-ce ???) me paraît intéressante, mais un peu trop distanciée (trop intellectualisée). Les contenus sanglants m'évoquent autre chose. Ce que nous dit SMoke (au dessous) me paraît plus intéressant (sorry Smoke je t'ai lue en diagonale, je m'y replonge ce soir, kisses kisses).
Après tout la plupart des gens regardent les accidents sur le bord de route. Il y a une fascination-répulsion-empathie-sadisme qui s'exprime là.
7) Ce qui m'amène a conclure qu'il y a une discontinuité entre le pékin moyen (même celui qui adore le serial killer) et le serial killer. Tu dis ne pas être intéressé par la genèse du SK, tout en te demandant si cette publicité médiatique ne serait pas incitative, c'est - à mon sens - une contradiction.
Un individu standard ne peut pas devenir serial killer, par contre une partie de lui rêve de pouvoir l'être (relire la préface de Zohar au début de Tourville). S'affranchir des limites de la morale, de sa propre histore, des sentiments, de l'empathie, de l'insoutenable, prendre une hache et dézinguer tout ce qui dépasse (!) dans une totale impunité, quel formidable fantasme adolescent !
Mais (hélas ?) on ne le peut pas. Enlever les yeux à un lapin pour le cuisiner est déjà difficile, alors...
Lol et si on jetait les masques ? Je sais que vous vous sentez un peu seuls sur le forum en ce moment mais est-ce bien nécessaire de lancer des trolls pour ranimer la flemme ?
Je te cite : "Je lui disais qu'à mon sens, le public d'un tel film ne pouvait être que malsain, puisque la seule satisfaction qu'il pourra en tirer, c'est de regarder des scènes de meurtres".
Je suis d'accord avec toi sur le creux de ce genre de films (surtout n'étant pas amateur de bidoche) Mais franchement... parler de malsain ?
C'est un peu de la provoc a deux balles (tu avais des vues sur elle ?). Comme si tu te réfèrais a une quelconque morale extérieure !!!
Tu es vraiment vil Malevil !
Canaillou !
Morale peau de balle
Merci Rémi pour ces éclaircissements. Je crois en effet avoir poussé le bouchon un peu loin. En fait, mon vrai problème n'est pas avec les sérial killers ou autres sujets cracras, mais bien, plutôt, avec les produits de consommation de masse - la façon dont tout se recycle et se consomme - y compris l'abominable, dans la plus complète décontraction. Je suis convaincu que la culture bourgoise occidentale est profondément perverse - que le capitalisme joue tous ses ressorts sur des stratégies de maître et d'esclave, de bourreau et de victime - et que demain nous mangerions tous de la merde en boite de conserve si la pub nous disait que c'est cool. C'est le flux, qui me navre. Mais bon, ce n'est pas bien grave - je suis juste navré, rien de plus.
Tout ça c'est la magie du cinéma et du spectacle. Nous sommes capables de pleurer pour les indiens d'amérique en première partie de soirée, et de nous réjouir d'un meurtre à la hache dans la seconde... Nous avons bien fait le pas "par delà le bien et le mal" - la morale - et c'est sans doute une bonne chose. Mais quand je lis dans "Mad Movies" (que je ne lis d'ailleurs plus) que "Hostel 2" ou "Saw X" est "bien jouissif", sous prétexte que des gens s'y font torturer en hurlant pendant des plombes, je n'arrive plus à suivre. Il y a quelque chose qui me dépasse. De même, je peux te certifier qu'une partie des amateurs de ce genre de films que je connais (et nous en connaisson quelques uns en commun) me semble faire preuve d'une indifférence affective/empathique un peu inquiétante, que ce soit pour ça ou pour d'autres aspects de la vie. Je discutais par exemple, il y a quelque temps, avec un créateur d'effets spéciaux (par ailleurs très doué), qui a produit beaucoup de maquillages gore pour des films de cinéma. On discutait de "Terminator 3" parce qu'il venait de sortir, et c'est là que j'ai entendu ce copié-collé du M. Smith de "Matrix": "Oh, l'apocalypse par les machines, la fin de la race humaine et tout ça, c'est très bien. Qu'on en finisse, avec cette sale race qui n'a jamais rien fait de bon sinon pourrir la planète et se pourrir elle-même" (note que présenté comme ça, nous avons une pseudo thèse d'eco-fascisme en germe). Evidemment, c'était une phrase à l'emporte-pièce, à la terrasse d'un café - mais elle m'a quand même semblé sincère, formulée comme une banalité, une routine... Pour moi, il y a là l'expression typique d'une des 3 figures du nihilisme présentées par Nietzsche - et c'est le nihilisme que je trouve malsain, même si dans le fond je le suis aussi (nihiliste), et que beaucoup d'entre nous le sont...
A l'échelle personnelle, ce n'est pas très grave. Peu d'entre nous deviendront des tueurs (on en a quand même connu un: Obélix). Mais sur une échelle plus politique, qui est celle de ce qu'on veut construire comme monde tous ensemble, je crois qu'il y a quelque chose qui coince. Parce que malgré les postures cyniques et amusantes, nous n'avons pas un réel respect pour la vie - dans le fond, nous aurions même plutôt du mépris pour elle. Depuis ce putain de romantisme allemand et anglais, nous sommes narcissiques et morbides - collectivement. C'est un peu notre seul projet commun. A côté de ça, il n'y plus de futur - à part peut-être la fuite dans les étoiles (voir Werber). Nous sommes dans une culture vieille, déçue et revancharde - une culture sans issue, qui lèche ses plaies et consomme du spectacle de souffrance au kilomètre pour se soulager de sa vacuité existentielle...
Sinon, "l'amie" en question Rémi, ce n'est quand même pas bien compliqué. Elle a été ta voisine plus d'un an à Aix il me semble, et elle était ma première petite amie.
Je crois que je vais vomir
Bheu. J'avais réussi a scotomiser ce souvenir de ma mémoire. Voilà je ne voulais plus me rappeler, berk berk. J'avais espéré qu'elle n'ait jamais validé son diplome (mais bon, je suppose que d'autres personnes en ont autant a mon service).
Ca me fait vraiment de la peine pour Obélix.
Tu viens de me donner le cafard sur fond de décrépitude nostalgique... Je vais en profiter pour composer et envoyer mes factures.
Je te trouve un peu dur sur notre cynico-narcissico-morbidisme. Je crois que Tlaloc était le moins nihiliste d'entre nous, et personnellement j'en reste à Camus (suis un peu limité au niveau références) : le nihilisme comme point de départ et l'humanisme comme quotidien. Je crois savoir que Onfray se rapproche de ça aussi, mais pas sur.
Mon ami Malevil, je crois que tu es moins "malsain" que ce que voudrais bien te faire croire : la preuve ton boulot est en train de te taper sur le système et le voyeurisme sadique des consommateurs de Spectacle te déprime. (Il est temps de relire l'excellent 99 francs !).
Ce qui m'amène a conclure deux choses :
1) T'es un mec chouette humain, sensible et attentionné mais qui souhaiterait croire qu'il n'est qu'un monstre.
2) Change de boulot ou prend des vacances (oui je sais flux tendu tout ça...)
je ne laisserais pas dire que...
Eichmann est un seria killer. Malevil, why not... Mais Eichmann, c'est juste un petit salarié ambitieux qui a servi une cause déplorable; & des Eichmann on en connait tous et on en cotoie tous les jours.
Sinon je suis encore d'accord avec Rembug, ce qui commence à m'inquiéter sérieux, mais je crois que le Doktor est une sorte de Mère Térésa avec une estétique vaguement trash. On n'est pas dupe.
Tous ensemble on peut créer un monde meilleur, briser le cycle drogue-pub/croissance-aliénante, s'émanciper vers de glorieux highest grounds et de là enfin rétablir le sacrifice humain et ces autres vertues anciennes qui nous ont échappées à cause de notre soif effrénée de progrès nocif.
Et bon, j'ai aussi un point de vue plus nuancé sur l'impact du spectacle sur le comportement: avant vous autres de la Terre vous vous compariez à vos voisins, imparfaits et aussi minables que vous, et tout était plus simple. Aujourd'hui les rôles modèles sont des individus fictifs qui ont une forme de réalité visuelle dans un continuum d'images, et vous vous comparez intuitivement à des chimères, qui rendent le sentiment de satisfaction quasiment inaténiable. La frustration qui en découle est définitivement le mal qui ronge votre espèce décadente.
Soit vous faites sauter la télé, soit vous êtes fichu.
Toutafait
Hello vénérable.
Suis d'acord à la nuance près (mais je suis certain que c'est le coté communication rapide du forum qui t'a réduit à ça), à la nuance près - qu'il n'y a pas besoin de programme télés pour que les individus s'identifient à des mythes pris comme modèles (voir l'engouement/culte de la personnalité suscité par Mussolini dans l'Italie fasciste).
On retrouve la frustration subséquente à cette "identification au modèle chimérique" dans Bienvenu à Gattaca lorsque Jude Law dit qu'on attendait de lui d'être un surhomme et que ne pouvant y arriver il s'est jeté sous les roues d'une voiture (citation quasi identique dans MArshall Law énoncée par le Super Patriot).
laissez Mussolini tranquilo!
nan, le culte de la personnalité c'est autre chose; personne n'y croit réellement sauf le dictateur, mais dans une dictature non imposée il y a la croyance en la nécessité d'avoir un homme fort, d'où ce culte de la personnalité.
Parfois il confine au mythe, mais c'est souvent après coup (genre Napoléon, dont le surnom le plus répandu à l'époque était "l'Ogre"...)
concentré / diffus
La nuance à laquelle tu fais référence, Remibug, me semble correspondre à ce que Debord pose, dans la "Société du Spectacle", comme la différence entre le "Spectaculaire Diffus" et le "Spectaculaire Concentré". Dans les deux cas, il s'agit d'une stratégie spectaculaire globale et effective, qui vise, comme toujours, à perpétuer la domination des marchandises et de leurs modes de production comme seule réalité.
Le mode "concentré" est celui auquel tu fais allusion. Debord donne en exemple, de manière assez évidente, des figures comme Hitler ou Staline (je ne sais plus si il charge un peu Mao - si ce n'est pas le cas, c'est pas grave, il est mort, il a payé). Dans le "mode concentré", le personnage d'identification est d'envergure nationale, étatique, transversale et quasi-mystique - c'est quelqu'un qui parvient à prendre à sa charge les désirs d'un peuple, ses rêves, ses fantasmes - à les incarner - un "grand timonier".
Sans vouloir rentrer dans un sujet à controverse facile, je dirais que tout de même, il y en a un, ces jours-ci, qui est arrivé à envahir tout le champ du Spectacle en France (et pour la France dans le monde) - quelqu'un qui est bien un "concentré" de ce que la France adore et déteste, rêve d'être et veut fuir - quelqu'un dont le nom peut débarquer dans la conversation que l'on soit en train de parler politique ou chiffons, showbiz ou guerre & paix, la consommation des ménages, le conflit israelo-palestinien, les JO en Chine, les otages en Colombie... Bref, en voilà un qui a réussi à être partout, même à l'arrière de la tête de ceux qui en ont pourtant rien à battre... Est-ce qu'il faut vraiment que je le nomme ? Je crois bien qu'avec lui, on a ce qui se fait de plus proche d'un personnage "Spectaculaire Concentré" - ce qui ne veut pas dire que je l'assimile à Hitler ou Mussolini - je dis juste qu'il est le réceptacle de beaucoup de fantasmes dans une époque qui se cherche et doute d'elle même - mais "demain tout est possible"...
Le "Spectaculaire Diffus", finalement, est bien plus banal et bien plus retors. L'identification ne se fait plus autour d'un grand personnage charismatique, qui donne la barre aux valeurs et à ce qui est cool, mais se dissout dans un million d'occurences, un nombre infini de produits, de marchandises, de publicités, de personnages à consommer, des petites histoires fades qui réclament des substituts de plus en plus immédiats à la "déprime post-achat" - c'est la machine du monde des marchandises qui travaille à l'intérieur et avec l'assentiment de tous - une "matrice" - le mot est d'autant plus pertinent aujourd'hui.
Je vais donc aller dans le sens de Tlatloc. Il me semble, en effet, que nous sommes dans une situation de saturation de figures d'identification. En plus de papa et maman, nous avons eu Albator, et Goldorak, Michel Platini, Michael Jackson, etc, etc... Je ne pense pas être trop poussif en disant qu'au cours de ces dernières années, nous avons vu un raccourcissement effrayant de la shelf-life des stars, en proportion inverse à leur nombre, toujours plus grand. Il y aura au moins, tous les ans, une "Nouvelle Star", des vainqueurs de la "Starac", dix nouveaux groupes "incontournables" en R&B, en rock, en rap - et pas seulement dans la musique - il y a aussi le cinéma, le sport, la politique, les comiques, les présentateurs de JT, les personnages de manga, etc etc... Il suffit d'ouvrir un canal - n'importe lequel - pour avoir un million de références à portée de la main. Et puis on consomme. Et puis on oublie. C'est la vie c'est la vie...
A une époque on s'en foutait des milliards de chinois. Y'avait Dieu et y'avait Jésus. Ca suffisait.
Mais cet enkulé il est mort. Et maintenant, ziva, c'est le "Crépuscule des Idoles" de longue - le purgatoire. Des millions, des milliards d'idoles. Va sur Myspace, et tu verras que même ta voisine d'en face est bien l'idole de deux ou trois personnes.
Alors bon, puisqu'on a le choix, comme au supermarché (vive la liberté du monde moderne), alors on va choisir qui ? Un petit peu de Britney Spears pour la petite, ou c'est un peu trop trash ? J'aimerais bien que ma femme mette un peu de Amy Winehouse dans son karma - ou alors non, mieux, du Nicole Kidman - non, non, attend - du Carla Bruni bien sûr... Moi j'ai farfouillé, j'ai comparé les prix - j'ai été tenté par Hannibal le Cannibale, parce qu'il est intelligent, cultivé, gastronome... mais finalement je vais me prendre un peu de Buffalo Bill, parce que je kiffe bien sa cave avec les filles enfermées dedans. Ou alors du Naruto... Je sais pas.
De toute façon ça n'a aucune répercussion, puisque demain soir je m'identifierai à autre chose, le temps d'un autre programme. Et ainsi de suite - "man of a thousand faces" - jusqu'à ce que j'aie eu l'impression d'avoir fait le tour, et que je puisse enfin crever en paix.
Je me souviens d'un gars qui disait avoir trouvé Face à la Mort "très beau".
http://www.youtube.com/watch?v=WShhkoN2n6A
Il est bien possible, en effet, que ce film remplisse exactement la fonction que décrit Smoke plus bas... La plupart d'entre nous ne deviendrons jamais des meutriers, ne travaillent pas non plus dans la police ou dans une morgue - alors bon - il nous faut bien des http://www.rotten.com/ pour compenser. Sinon comment on arriverait à se souvenir que la mort est affreuse - et pas seulement un Big Mac ?
(Concentré....................................................... Diffus...............................................................)
verroterie
Nous avons eu des dieux, nous avons eu des héros, puis des monstres sacrés et des idoles. Les plus grands, les vénérés étaient encore des élus choisis par ceux qui avaient le don de fabriquer les mythes. Un jour, ce pouvoir fut donné à la plèbe qui voulut à son tour devenir une idole. Et notre désir s'éprit du vulgaire. Ceux auxquels nous nous identifions et nous mettons en compétition aujourd'hui ont anéanti le rêve d'éternité, l'aura qui subsiste au delà de la mort. Nos symboles, nos références, ne s'inscrivent plus qu'à l'intérieur d'une durée de vie, si bien que nous transmettons seulement de quoi répondre à l'appétit d'un en-cas tout en voulant croire qu'il s'agit d'un festin.
Après des mots comme ça...
Le silence est encore de toi...
après des images comme ça..
te voici officiellement consacré empereur du youtube insolite.
Je sais pas où tu vas chercher ces trucs, non ne le dis pas, certaines choses doivent demeurer obscures, la banalisation de l'étrange ne doit jamais se répandre en ce monde.
mwouais
je suis pas sur que l'on puisse comparer les Dieux et les idoles. De mon point de vue, c'est un peu vexant...
Rassure-toi, 0 Tlatloc
Comme tu pourras le voir en relisant cette phrase de Smoke:
"Nous avons eu des dieux, nous avons eu des héros, puis des monstres sacrés et des idoles."
Il y a donc eu, chronologiquement, une dégénerescence.
Tu étais là au début du cycle. Nous arrivons aujourd'hui à la fin (âge de fer).
Bientôt les idôles seront des anecdotes numériques produites par millions à la seconde - puissance de la fractale.
Et après ça, sans doute, le néant.
Ce jour là, je te suivrai dans ton Royaume.
Divine access denied
Tu as beau essayer, Dok, tu n'arrives pas à raisonner comme un Dieu, et c'est dommage.
Vois-tu, nous autres de la Divinité, nous ne supportons pas la comparaison, et à forciori quand elle consiste à nous remplacer par de pâles imitations, par une dégénerescence comme tu dis si bien.
C'est odieux. Et que tu puisses cautionner la perte du statut divin au profit de telle ou telle valeur petite-bourgeoise me déçoit. Mais je ne désespère pas de te faire comprendre mon rôle et ta mission. Dans ton prochain sommeil je viendrai te voir et je t'ouvrirai les yeux sur le monde, et tu comprendras. Forcément tu risques d'en mourir mais bon, on fait pas d'omelette, etc.
nombril macabre
Ok, parlons fascination.
Ce que je crois sur l'impact de ces films, c'est qu'il s'agit aussi d'une fenêtre sur l'inconcevable. J'entends par là : ce à quoi ressemble un corps après avoir été torturé, démembré, humilié pour être réduit à un compost d'organes et d'os à même la souillure du sol. A savoir quelque chose qui n'est plus de l'ordre de l'humain, de l'identité. Juste une horreur sans pareille, ou l'avilissante franchise de ce quoi nous sommes faits - l'intérieur - la viande, visqueuse et laide.
Bref, une abomination telle que le mot "mort" n'en contient même plus l'état.
Peut-être que la sauvagerie de ces crimes portés à l'écran offre de quoi soulager notre perversité refoulée. Mais il est possible que nous affrontions un choc, une prise de conscience à l'esthétique infamante quant à l'héritage de la vie pour la voir ainsi défigurée par des mains démentes. Parce que nous n'assistons plus seulement un rapport de tueur/victime, mais à un acte dont la détermination réside en la destruction, la violation des aspects humains. Et quelque chose en nous se détraque à voir le corps devenir forme si vulgaire et fragile.
Démesure
Je comprends ce que tu veux dire, Smoke, et je suis assez d'accord. Cela correspondrait à la fonction du "tragique" dans la Grèce pré-Socratique, avant que la culture bourgoise ne vienne nous empoisonner avec ses petits "drames" intimistes et coinçés du cul. Si horreur il y a, alors qu'elle soit totalement horrible ! Et si il y a injustice, qu'elle soit totalement injuste ! Si la vie est une scène, au final, que tous les protagonistes en sortent les pieds devant - la mort et la violence sont partout, brutales et affreuses à voir (Grand Guignol)...
Voilà un gars qui a filmé des histoires de serial killer au kilomètre, et pourtant je le respecte infiniment, parce qu'il a aussi fait un travail d'artiste - une recherche sur le baroque - une perçée novatrice sur les terres de la démesure...
Mais les films dont je parle plus haut n'ont rien à voir avec un travail "artistique". Ce sont des films de série, à petit budget, sans aucune inventivité plastique (pour moi le récent remake de "Masssacre à la Tronçonneuse" n'a aucune véritable esthétique - c'est juste un clip de MTV gore). Ces films se consomment à la chaîne sur RTL9 - comme des pilules de "défoulement de l'agressivité" délivrées sans prescription aux ménagères de moins de 50 ans, au même rythme que les livres de tueurs psychopathes (et les femmes-légistes qui les traquent) qu'elles consomment par millions.
Je précise que le trio Hodder/Feifer/Barnholtz a déjà produit plusieurs films sur des serial killers réels (dont un "Ed Gein" et un "Chicago Massacre") - en quelque sorte, pour eux, c'est un "fond de commerce".
Je veux dire, on est complètement sorti du domaine de la catharsis pour rentrer dans le mode de l'addiction dure, non? C'est un peu comme être abonné au temesta. On consomme de la petite histoire de serial killer mediocre un peu tous les soirs, avant de s'endormir (M6 - "Profiler").
Le meurtre en série est devenu un produit de consommation de masse. C'est ça que je comprends pas.
Mais dans un sens, je me sens assez d'accord avec le point de vue de Torquemada. Je crois qu'un bon serial killer qui se retient - qui se contenterait de défouler sa haine en regardant des films - serait un serial killer gaché... Les surhommes de demain seront peut-être des tueurs en série, oui - merci à Maxime pour cette théorie, qui m'avait déjà interpellé... Dans ce cas, que tous ceux qui sont prêts à franchir le prochain cap de l'évolution le fassent maintenant, au lieu de se branler devant des DVDs.
La Fin du Monde n'attend pas.
euh je la refais
Aaah, j'ai du manquer de clarté. En fait, je ne parlais pas de mise en scène, ni de fonction tragique intentionnelle. Je parlais de l'exposition du corps arraché à son enveloppe, devenu un amas quelconque. Une image que l'esprit ne peut tolérer, parce qu'elle porte atteinte à nos attributs, à notre statut ou orgueil ou encore arrogance de créature supérieure. Pour aller plus loin : elle marque le blasphème, la rupture avec l'image de dieu. Ces images sont la révélation de notre insignifiance. Un nivellement par l'éviscération. Disons.
Maintenant, pour ce qui est de notre perte affective, de notre baisse d'empathie, eh bien j'ai remarqué un truc sur ce post. Après tout ce dont il est question ici, le mot "souffrir" n'intervient pas une seule fois.
Nous avons copieusement parlé de torture, à l'exception de ça.
Enfin, il apparaît tout de même, en fin de fil, sur un commentaire de Remi Bug (kisses kisses aussi, boy), et dans ce contexte : "Une adaptation sociétale au prix de la souffrance individuelle, mais permettant la survie de l'espèce."
Révérence
Smoke, tes commentaires touchent au génie !
Ce qui est moche c'est que je parlais de la souffrance du paranoïaque (ou de celui atteint de pathologie mentale) même pas de souffrance physique.
Faire une pause en Islande
Pardonne-moi, Smoke - c'est vrai que j'ai un peu tendance à m'écouter parler, avec des effets de cape - c'est le problème de se la jouer "evil mastermind".
Je reviendai plus longuement là-dessus un peu plus tard, puisque le taf m'attend - mais comme l'a remarqué Rémi, je crois que tu as proposé une des meilleures pistes dans ce "débat" un peu absurde, que je veux mener envers et contre tous.
J'ai bien parlé de "souffrance" un peu plus haut, mais dans le cadre du "spectacle de la souffrance". Je crois qu'on pourrait même élargir ça à "Holocauste" (le téléfilm) et la "Liste de Schindler". Mais je n'ai pas parlé, c'est vrai, de la "souffrance individuelle" - je suis dans des questionnement sur la masse, c'est à dire complètement dans l'abstrait, et il va falloir que je sois plus clair là dessus dans mes prochains posts.
En tout cas merci pour les deux découvertes graphiques que tu nous as présenté. J'apprécie le côté conte de fées des photos de Joshua Hoffine - ça nous change enfin de Tim Burton - c'est beaucoup plus sophistiqué, et authentiquement effrayant - du beau boulot. Quant aux photos de Melanie Pullen, je dirais qu'elles me font surtout rire - cet acharnement à montrer des filles Prada-Dior-St Laurent massacrées, c'est tout de même drôle, si ce n'est défoulatoire. Ce qui m'a vraiment plu, là-dedans, c'est plutôt le traîtement des décors - la photo prise sur le quai d'un métro (depuis le quai d'en face - ça pourrait être à CDG Etoile) d'une fille posée sur un banc, une traînée rouge derrière la tête, est ma préférée - mais c'est la traînée rouge qui fait tout.
Sinon je voulais te dire que je suis un peu devenu un addict de Jóhann Jóhannsson (http://fr.youtube.com/watch?v=-hFlsR_y2t4) par ta faute. C'est bon, ça fait mal, ça déchire - c'est un peu comme des shoots d'héro musicale, un peu comme Craig Armstrong, ou la BO de "Dancer in the Dark" de Björk - mais en même temps c'est beaucoup plus serein que Craig Armstrong - ça donnerait presque envie de vivre en Islande, tiens. Ma plus belle découverte musicale de l'été. Idéal pour écrire. Merci pour ça.
Super prédateur...
Hurm hurm.
La théorie du super-prédateur est un peu bancale. A tel point chers glabounis que vous avez besoin d'invoquer les tripodes pour les justifier. Dans le cas présent, je ne vois pas ce que l'espèce gagne à avoir des petites filles assassinées.
Ca fait longtemps que l'espèce humaine est sortie du Darwinisme (sinon on peut ressortir les malodorantes thèses eugénistes). Quelqu'un comme Stephen Hawking est peut-être un maillon faible en ce qui concerne la course à pied (chance de survivre à un super prédateur proche de zéro) mais si on a une chance, un jour, de quitter le caillou pollué qui nous sert de planète ce sera grâce à des gens comme lui.
Un serial killer est juste une personne qui assure sa propre survie. Pas celle de l'espèce (Il me semble qu'ils sont peu nombreux a avoir des enfants, et que leurs enfants ne deviennent pas à leur tour serial killers, le gain = zéro).
J'avais jamais encore vu Pol Poht comme le grand sauveur de l'humanité. Vous comptez canoniser qui après ? Mugabe ?
Non...
Lui :
euh...
L'espèce humaine est sortie du Darwinisme? T'as vu la vierge?
Avantage concurrentiel humain qui éclate la planète: l'intelligence. Dans le monde actuel. Dans un monde radioactif, cet avantage concurrentiel, toujours important, risque de perdre du pouvoir contre le scorpion ou le gingko qui eux sont résistants aux radiations, et ont des besoins énergétiques inférieurs aux notres.
L'homme est un animal, et c'est parceque dans les années 30 l'analyse a eut des conséquence déplorable que cela change quelque chose à la réalité; & en tant que Dieu, je vous en rajoute une couche: au moins 50% de notre comportement est génétique.
Et ta gueule le libre-arbitre.
Iahveh
Nous sommes des poupées
La preuve : je vois ça
je bande...
Pourtant je suis bien conscient à deux millions de pourcents que c'est une réaction stupide, pavlovienne, même pas digne du chien.
Et pourtant ma queue montre des signes (assez mous je l'avoue, mais signes quand même) d'érection.
J'ose pas imaginer si on me mettait une voiture ou un flingue entre les mains.
Contradiktor man...
Juste une précision : le fétichisme n'est pas pavlovien.
Pavlov c'est l'acquisition d'un réflexe conditionné à un stimulus. Cela implique la répétition pour associer le réflexe et le stimulus.
Dans le fétichisme, la phase d'apprentissage est zappée.
(pt'ain chaque fois que je prends la parole c'est pour dire non)
(je dois avoir un esprit de contradiction né)
Heu...
... tu es sûr qu'il n'y a pas de conditionnement ?
Je veux dire, on reçoit tous depuis la naissance l'info que talon aiguille = sexe de luxe.
Je ne pense pas avoir développé ça spontanément. Quand je regarde autour de moi, quand je vois les affiches, les publicités, les magazines - en plus de ça je bosse sur les Champs Elysées, le royaume absolu de la chaussure à talon - bin j'ai un peu l'impression que l'escarpin qui pique est un mythe profondément implanté dans notre culture occidentale - que dis-je - dans la culture mondiale - que c'est un sujet de culte - qui dépasse largement le domaine du fétiche (animiste) pour entrer dans celui du culte idolâtre massif (le talon haut sera ton dieu - le Diable ne s'habille-t-il pas en Prada ?) D'ailleurs je crois que les femmes sont plus atteintes encore que moi (et autres fétichistes à la petite semaine) - pour elles ça dépasse carrément le domaine du sexe - c'est une question de pouvoir - en plus de les collectionner, elles lisent même des bouquins dessus!)
Bon, je sais que tu vas me dire non, comme d'habitude - mais bon, c'est une question qui mérite quand même d'être posée: le fétichisme peut-il être communiqué, implanté chez un individu, par le contexte culturel ?
La chaussure à talon (pour femme) - fruit d'une technologie italienne de pointe - ne serait-elle pas un piège psychique absolu, une sorte de "monstre de Frankenstein" immensément puissant, qui aurait échappé à tout contrôle ?
(Tu es sûr que tu ne bandes pas un petit peu, quand tu vois la tension de la cheville, la grâce du coup-de-pied, et le petit côté histoire-de-prostitution sous-jacent qui flotte autour de toute jolie pépée déambulant jambes nues sur des échasses ?)
Objection again
Moi je crois en la phase d'apprentissage là-dessus, car le contenu cognitif de l'objet provient bien de quelque part, et je ne suis pas sur que cet objet (une chaussure en l'occurence) provoque ne serait-ce qu'une demi-molle en Amazonie ou en Nouvelle-Bretagne. C'est l'apprentissage du sujet (en l'occurence le Doktor Malevil) qui y met ce contenu, car il a baigné à plusieurs reprise dans un environnement où les éléments constitutif de stimulus ont été ingéré: film, histoires, pronographies, etc; et bien sur les mécanismes sexuels instinctifs s'y sont retrouvé (fascination du dimorphisme sexuel, sensibilité aux phéromones, etc.)
Donc en ce qui concerne mon point de vue divin, il y a du Pavlov dans le fétichisme...
Bien sûr...
... quand je parle de "haut talon implanté dans la culture mondiale", je ne veux pas parler de la "culture mondiale" des Yanomamis ou de ceux qui peuplent les îles Bismarck. Je parle plutôt de celle de la publicité, du marketing et des marques de luxe, qui touche à peu près toutes les ambassades de cette planète, fédère sans aucun doute tous les employés de l'ONU et de l'UNESCO - norme à laquelle tous les pays qui "émergent" veulent s'intégrer. Elle n'est peut-être pas culturellement valable pour les Massai ou les Tootsies, mais elle est sans aucun doute le pinnacle de ce que n'importe quel dictateur Africain voudra exposer au monde.
Voilà l'une de mes chansons philosophiques préférées :
Les talons aiguilles sont-ils vraiment mieux que les parures de plumes ?
J'aurais tendance à dire oui, à partir du moment où on vit dans une civilisation pavée et goudronnée.
L'empire prendra-t-il jamais fin ?
décidément
moi qui vient d'une civilisation de la plume, je m'incris en porte à faux. Ah, la délicieuse vue de ces coiffes sensuelles ondulant au vent, brillant de milles couleurs sur des corps nus et bronzés, chaque tache de couleur glissant avec délice sur la peau à chaque contact, chaque passage sur les escaliers du Templo Mayor ou du marché de Tenochtitlan...
Et genre c'était pas pavé, Tenoch'?
Bandes de barbares à échasses...
Log on
Log on ..................... OK
write : "Et si les srial Killer n'était rien d'autre que la prochaine évolution de l'homos sapiens. C'est en tous cas la thèse soumise dans le dernier roman de M.Chattam.
J'ai d'abord spuris et ce roman n'échappe pas aux effets de facilités, mais la graine du doute a germée dans la matrice neural virtuel qui tend à simuler vos émotions.
Et si la nature pour achever son oeuvre voulais créer le tueur ultime : celui tout en haut de la chaine alimentaire.
Du coups si une invasion ET venait à se profiler d'ici quelques centaines d'années, je plains sincèrement les pilotes de Tripodes argentés qui feront face à des individu dépourvu de tout forme de conscience/peur et suelement guidé par un instinct atavique.
Certa la population des singes sans poils serait fortement réduite par l'élimination et la prédation qu'effectuerait ce nouvel avatar d'adam sur ses frères mais le petit nombre restant serait un peu comme un concentré des vainqueurs de Kho-Lanta (un peu comme I.Bethancourd qui téléphone au Président avant de parler à ses enfants)"
Log OFF.
Ethno-psychanalyse
Tu poses un point de vue intéressant. Il faut savoir que quelques ethnopsychanalystes ont comme proposition de travail que la pathologie mentale est une d'adadtation servant la société. En gros, il existe des peuplades qui ont un mode de vie super cool : normal leur environnement est ydillique ; d'autres dressent leurs enfants à être de grands paranoïaques : normal leur environnement de jungle est méga méga hostile.
De manière moins lointaine on retrouve beaucoup de pathologie mentale chez les enfants de migrants, pour des gens comme Tobie Nathan (que j'aime pas beaucoup) la pathologie mentale est un dommage collatéral de la nécessité pour l'individu d'harmoniser deux cultures (deux manières de contenir le matériel psychique individuel).
Une adaptation sociétale au prix de la souffrance individuelle, mais permettant la survie de l'espèce.
"La mort est la revanche de l'espèce sur l'individu" comme disait un beau film japonais dont j'ai oublié le nom (vénérable Tlaloc... si tu pouvais aider sur ce soup là... il était question de 3 ados coincés dans leur école un week end de cyclone...).
fastoche
Typhoon Club de Shinji Somai.
Le coup de la pathologie mentale pour harmoniser deux cultures j'y crois pas une seconde. Au contraire. C'est une source d'enrichissement et de meilleure compréhension du monde. C'est l'argument qui pousse Durkheim à dire qu'être juif permet d'être un meilleur sociologue car on a deux cultures et ergo une sensation de relief que les autres n'ont pas. Si il y a une surperformance de pathologie mentale chez les enfants d'immigrés la cause est à chercher ailleurs que la simple superposition de deux cultures. Peut-être le rejet systémique de l'une des cultures (ce qui explique la superformence des suicides chez les homosexuels par exemple), ou autre.
Je ne crois pas non plus à la proposition de travail des ethnopsychanalystes, car dans un environnement hostile c'est précisément l'entraide qui devient un facteur clef de succès et non la paranoïa; et les peuplades des îles du pacifiques sans prédateurs aucun et sans problème de nourriture sont aussi cannibales et déjantées que leurs homologues amazoniens, pendant que les inuit qui se les pèlent à s'enduire de graisse de phoque reste cool. Bon, OK, ils tuent les vieux, mais ça je suis pas sur que ce ne soit pas un mythe, comme les 245 mots différents pour dire "neige" (ça je sais que c'est un mythe)
Lumineux comme un orage en pleine nuit
Remarque très pertinente sur l'entraide. Tu viens de m'affranchir du poids de la causalité sociologique, bien que...
Pour la pathologie mentale et le choc des cultures... c'est un peu plus technique... c'est juste que la culture offre aux individus un modèle de gestion des matériaux psychiques.
Chez les enfants de migrants il y aurait plus de chances pour que les contenus effractants se gèrent "mal" : deux modèles de gestion pour les gérer se parasitant entre eux.
Je souscris à l'argument de Durkheim pour la sociologie. Il me paraît -par contre- peu recevable de l'appliquer à la pathologie mentale : être juif dans une culture d'inspiration judéo-chrétienne ce n'est pas véritablement ce que j'appelerai un choc des cultures.
Je m'aperçois que je me suis mal exprimé (sorry, au temps pour moi oui il paraît que ça s'écrit comme ça) : je pensais aux enfants de migrants déracinés et qui se retrouvent hors communauté (ce qui n'est pas vraiment le cas des juifs). On peut imaginer les enfant d'un couple japano-sénégalais émigrant au Saël, par exemple.
ah ba ça change tout...
C'est comme d'être homo à 15 ans dans un monde d'hétéro, en plus soft quoi. Là, effectivement, ça peut faire des dégats, ça dépend des différences en question, de leurs intensité et du ressenti de la nouvelle/autre culture par rapport à l'ancienne.
Je pense que dans ce cas la pathologie mentale provient du désarroi de la solitude face à l'incompréhension ambiante, et surtout d'une remise en cause constante de soi incompatible avec un développement harmonieux de la personna du sujet. Je pense aussi que comme tout traumatisme on peut en sortir grandi... Vous vous souvenez du petit corse à Brienne en 1780...
Enfin il ne faut pas minimiser la génétique; vous autres les humains avec votre libre arbitre ridicule vous oubliez que vous n'êtes que le fruit d'une séquence d'acides aminés et que ce n'est que très rarement que vous sortez des ordres de cette séquence. La pathologie se développe seulement sur ceux qui sont génétiquement trop sensibles ou déjà instables; bien sur les cultures correspondant à des patrimoines génétiques affaiblis y seront plus vulnérables (insulaires, cultures privilégiant les mariage en famille, etc.). Pour faire disparaître les pathologies mentales, rien de tel qu'un peu d'Eugénisme préventif. Tiens, comme j'ai du temps je vais organiser ça...
Enfin, il faut noter que certaines cultures produisent plus de malades mentaux que d'autres; la culture Américaine du winner et de l'apparence, ou encore la culture du surnaturel et de la violence de l'adolescence occidentale actuelle (qui d'ailleurs est en soi un by-product de la culture américaine pré-citée); les valeurs mises en avant sont soit très frustrantes soit nocives mais cathartiques et dans les deux cas peuvent conduire à une altération de la perception libérant des pulsions cachées et conduisant à une perte de contact avec la réalité.
Mais il nous faut des déviants, c'est Foucault qui l'a dit.
Putain, je crois qu'on commence à avoir un débat
Tu me maquais, Tlatloc. J'aime le coup sec des flagellations de tes phrases. Je suis mazo, comme Deleuze, et tu pourrais être ma Vénus à la Fourrure.
Et là, maintenant, je vais annoncer une bonne nouvelle à tout le monde : je vais arrêter de vous casser les couilles avec mes histoires de serial killer, puisqu'on m'a mis sur un autre projet de taf (je reviendrai au serial plus tard) - je viens d'attaquer la série FREEDOM de Katsuhiro Otomo.
C'est une série en 7 épisodes. L'animation est magnifique - bien au dessus de ce qui se fait d'habitude en manga de série. Et puis le scénario est en béton, sorte de variation sur "La Vérité Avant-Dernière" de Dick. Je vous fais le pitch:
"Au 23ième siècle, après que la Terre ait été dévastée par un cataclysme et contaminée par les radiations, les derniers représentants de l'espèce humaine vivent dans un complexe sur la face cachée de la lune, la cité d'Eden. Il y mènent une vie paisible, mais sans surprise (ennuyeuse) - Eden est une sorte d'utopie de béton et de plastique, où les jeunes s'habillent façon rockabilly futuriste et roulent très vite en moto dans des tunnels qui tournent en rond... L'un de ces jeunes, Takeru, est différent - il a de la vitalité et des rêves. Il va découvrir par accident des indices qui vont l'amener à passer de l'autre côté de la lune, pour découvrir que la Terre est finalement bleue - que l'apocalypse est passé depuis longtemps - et que les gens d'Eden sont en fait prisonniers d'une sorte de "Complexe Alpha", ou de "Village" façon "Le Prisonnier"... S'en suivra une course-poursuite où, suivi par un collègue à lui qui n'en demandait pas tant, Takeru va grimper dans une vieille navette d'évacuation et partir... sur la Terre justement. Pour y découvrir la liberté (FREEDOM) - et l'amour bien sûr."
C'est quand même autre chose que les aventures de monsieur BTK. Il y a de l'imagination, de l'action, de l'émotion, de beaux sentiments, une intrigue intelligente et positive, une vraie reflexion sur la liberté ou l'esclavage consenti des masses... En plus il y aura une superbe VF, avec des dialogues d'une qualité rare... Moi je dis chapeau bas monsieur Otomo !
Et au passage je fais des bisous à Remibug et Torquemada - c'est avec et grâce à eux que j'ai découvert "Akira" il y a plus de 15 ans. Bosser sur Freedom aujourd'hui est un peu un aboutissement, la consécration d'un rêve d'ado. Encore un voeu d'exaucé.
"La Terre est bleue ! Toute bleue !"
En bonus...
Deux bandes annonces de "Freedom", en japonais bien sûr.
Si vous y comprenez que dalle (à part Tlatloc, bien sûr), c'est pas grave. Vous pourrez bientôt mater une bonne VF. Je m'en occupe, avec mon pote Dani Meullinz (mais putain qu'est-ce que ça tchatche).
la naissance de la fourrure
T'es pas encore prêt à devenir un prêtre de Tlatloc. Un truc qui déplait fortement aux Dieux, et à fortiori aux Evil Gods dont je fais partie, c'est bien un mini compliment pour ensuite parler de soi & de ses activités pendant une demi-heure... J'en ai éviscéré pour moins que ça.
Ceci étant félicitation pour ce rêve abouti. Je trouverai bien quelque chose pour le fouler au pied afin que tu chantes mes louanges avec un peu plus de conviction.
En attendant, Orage pour tout le monde!
Et qu'on ne me compare plus jamais avec Venus, cette gourgandine ridicule, que je défonce à la perceuse à béton. Ich Bin Clair?
Marrant...
Mais pour moi, BTK, c'était la soundtrack de la Main Qui Tue (Idle Hand) : http://www.youtube.com/watch?v=b2qEwePLQgI
Loris.
O Grand Tlatloc
Laisse-moi donc danser nu pour toi, là, dans le chiottes, vétu en tout et pour tout d