Bon je sais pas encore c'est quoi, mais je le mets là tant quand je bosse dessus.
C'est comme çà.
I.
J'ai longtemps imaginé qu'autour du décès de Léa naitraient des histoires fantasmées ou des récits pragmatiques illustrant le péril pour une jeune fille dese balader seule la nuit dans la forêt. Je me trompais. Léa morte et enterrée dans le sol gras des des Baux de Creuil, plus personne ne parla d'elle passée ces trois minutes de célébrité qui revenait obstinément sur les lieux et le contexte imprécis de son étonnante disparition.
A l'époque dont je vous parle, les jeunes avaient pris l'habitude d'investir la forêt et les champs environnats pour se droguer et écouter de la musique fort, la France vivaient dans une insécurité fantasmée causée par les mutations sociales liées au libéralisme et la peur de son immigration. Les médias traditionnels vivait leur dernière année avant leur grande course vers le néant. La campagne électorale mourante ne laissa que peu de place à la mésaventure de Léa. Le parcours marginal de la jeune femme, ses mauvaises habitudes et ses fréquentations peu recommandables semblaient orienter l'enquête de proximité vers un classement sans suite. L'absence d'une cellule parentale stable donne souvent naissance à ces caractères forts et solitaires qui entretiennent durant le cours de leur vie peu de liens avec la société et, parfois, s'évanouissent comme un souffle au détour de leur existence.
L'état d'intoxication avancé des principaux témoins oculaires qui dirent l'avoir vu disparaître dans une colonne enflammée tirée du fondement de la terre jusqu'à le voûte céleste et l'indifférence extatique des autres acteurs de sa vie (étudiants en ruptures de banc, chômeurs, jeunes toxicomanes) ne me laissait que peu d'espoir ne me fournissait que peu de chance d'identifier une piste quelqu'oncque lorsque je rouvris le dossier en deuxièe instance, après la réception d'une note faisant état d(un fait divers étrange provenant d'une classe de seconde de l'internat de la Ste Crosse, collège jésuite de la région.
Entré au commissariat depuis deux ans, en tant qu'officier de police judiciaire, je subissais depuis l'année dernière les quolibets de mes collègues qui m'avaient affublé du surnom de l'épouvantail. Rentré dans le métier après une carrière brève mais intense de performeur dans les soirées électro-indus, j'obéissais ainsi naturellement à mon penchant vers la justice ainsi qu'à mon inclinaison génétique, l'ensemble de ma famille ayant officié au service de l'état depuis les années 30. Cette activité suffisamment lucrative satisfaisait mon besoin d'équilibre et d'insertion, tout en me permettant de garder une place disponible dans mon emploi du temps pour me consacrer à la danse expérimentale, une maîtresse exigeante qui conservait en permanence un oeil critique sur la moindre de mes imperfections physiques. Toute indulgence était génocidaire.
L'arrivée de cette pile de déposition sur mon bureau était pour moi une occasion inéspérée de remettre les pendules à l'heure de la vérité. J'ignorais tout à l'époque des monstruosités humides que l'on croise dans les bois la nuit et de ceux qui attendent derrière les étoiles, plus vieux que la voûte du ciel elle-même que l'humanité leur ouvre la porte dans un dernier hurlement désespéré.
II.
Il est dix heures, vendredi soir, et comme tout les vendredis soirs à dix heures, je sonne sonne sonne à la sonnette de Léa.
Elle est sûrement sous la douche douche douche.
Elle est toujours sous la douche douche douche après son service. Serre Vice.
Je viens toujours 30 mini minutes en avance. Ouvre-moi la porte porte porte, les cheveux mouillés, le corps humides entourés raies rais d'une serviette de bain en éponge et Ponge et moi, je reste sur le seuil, jusqu'à ce qu'elle dise : "ah c'est toi ! entre vite !"
Je entre ventre vautre jusqu'au canapé, elle s'habille, la porte entrouverte (toujours) et j'essaye de mater le reflet de ses formes dans la glace-glaise de la porte de l'armure armoire en roulant un pét' de ce paul-haine bizarre un peu vert fluo que Rot-main m'a refil, hier soir. Devant son corps nu que je ne toucherais plus - mais que je me toucherai plus ! - je perds un peu de concentration utile pour rouler mon stick, même si c'est la centration des cons. Mais les larmes ne viennent plus trop, et on est redevenu meilleurs amis. Je remets Darkthrone, j'écoute ce que personne n'écoute trop ici. pissé.
Graveyard Slut. Quand je monte à Paris tout le monde est plus louqué que moi.
Voilà, elle sors : elle va me le demander comme d'habitude et moi, je saurais quoi répondre.
voilà, elle passe va faire son café qui passe lui aussi.
Tout ce temps qui passe. pas çà.
Elle me regarde de ces yeux éternellement compatissant de conne patissierie dégoulinante de crême et beurre et foutre.
Elle me regarde comme la terre-mère nourricière regarderait sa propre boue ou un aigle majestueux. Sans jamais varier un iota dans l'expression de sa Très Grande Humidité et Compassion.
Ô yeux d'amour ! éternelle béatitude ! Dans ton regard, O Déesse plongé en serviteur misérable pas scient, je m'égare doucement. Mes douces gares.
Elle tire sur le joint laissé en salaud dans le cendard et elle lâche comme ainsi dire lâchement la formule consacré : "t'as prévu un truc, ce soir ?"
"Oh oui, poupée ! Un truc d'enfer !"
III.
Les pièces du puzzle manquante était : son corps, l'arme, le lieu du crime. Pourtant elle était morte pour moi. Comme une étrange conviction, un beat précis comme unee musique de jeu vidéo, comme ce vieux morceau enregistré sur huit pisttes de ces albums de nombreuses fois découverts mais que personne n'écoute. Dans la région, à l'arrière des 206 et des Clio 1, les autocollants "I brake for Satan" fleurissaient comme les petits livres rouges dans les poches des étudiants contestataires de 68. L'année dernière une indice avait brûlé. Cette année, le Ministère de l'Intérieur attendait patiemment l'éclipse équipé de lunettes presques opaques et l'augmentation de meurtre barbarbare dans la minorité des derniers chrétiens de notre pays, soeur attardée et claquemurée et batarde de l'église et des croyances consanguines celtes et germaines.
Nous filions vers le lieu Dit Ste Crosse. Les dépositions faisaient état d'un gros chahut en cours d'art plastique qui aurait salement dégénéré. Soeur Marie France, une petite femme rondouillarde d'origine asiatique, visiblement peu appréciée des élèves, avait eu à la fin d'un cours étrangement silencieux les deux yeux crevés par des pointes de compas. La classe de troisième B était désormais réuni dans la classe de cours principale au Soeur Berthe, une ancienne poétesse alternative. Parfois çà arrive vite, qu'on échange la passion pour la gloire.
V
Sortir son corps de terre comme le patrimoine d'un oligarque trop longtemps scellé au fond de la taïga. Sang et chaire mélée de vers, une sueur nauséabonde d'humusenvoie le message. Oubliée depuis trop longtemps - stop - suis devenue végétale - stop - fertilise à nouveau le monde - stop - merde à l'humanité.
L'emplacement de ces morceaux humains cueillis dans cette terre grasse m'a été révélée par les dessins obscènes dans cette salle de classe. Collés à l'envers sur des vitres et en suivant les instructions patientes de cette voix qui sortait de mon téléviseur. Le cheminement incongru et la logique opaque se sont téléscopés avec la réalité rituelle. Les robes des Mystes d'Eleusis cachaient la même odeur.
Le corps est retrouvé à huit mètres de profondeur, comme je leur avais dit. Mes confrères s'activaient autour de moi dans une sorte de crainte quasi religieuse.
J'ai montré cette voie vers la mort. A l'heure qu'il est, je devrais bénéficier pleinement d'un complément de formation afin d'intégrer la crême de la police scientique ou intégrer la distribution du théâtre du Châtelet. Et plus me tenir debout les pieds dans cette odeur de mort, assisté par des flics sous formés et incrédules, plus aptes à racler le bitume d'un coin de la N7 que de se coltiner l'inquiétante équation de ce corps fractionné, arraché à l'éternel oubli de l'humus.

















ben alors...
...tu vas poster la suite au fur et à mesure j'espère? J'adore le deuxième paragraphe grave grave... c'est un cool gimmick. J'achète.
Allez, la suite de suite
je remplirai pas ma déposition
Moi je vais fermer ma gueule et le laisser poster, le laisser écrire et même le laisser ne rien foutre quand le jus voudra pas.
Pas d'encouragement, pas de j'aime bien quand tu dis ça et là on dirait du Machin. Je vais le laisser faire. Parce que ce mec un jour a posté ici un texte de tuerie. Je sais plus où il est, mais putain je l'ai lu.
Moi je dis...
Chouffe chouffe ami Koresh !
Il y a déjà plein de fulgurances dans ce début...
Montre nous ce qui vient ensuite...
watzefuck!
C'est quoi cette dernière image, là? Sometimes one God isn't enough??
C'est une révolte? Il va falloir que je Saint-Barthélémise l'appart?
Attention, mon petit gars, ne fait rien d'inconsidéré...